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 London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]

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Imani Greggson
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MessageSujet: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Sam 24 Sep - 13:48

Resserrant les pans de son blouson d’un geste brusque, Imani frissonna. Le vent se levait et s’engouffrait sous sa robe, caressant ses jambes et son ventre de son souffle glacial. Elle leva la tête et observa le vaste ciel d’un regard inquiet, exposant du même mouvement son visage à la bruine fraîche qui commençait à tomber. Là-haut, d’énormes nuages gris et noirs s’étaient regroupés, prêts à déverser les larmes des nuées en un déluge d’apocalypse.

Les gouttes frappaient son front de plus en plus fort, dévalant sur ses joues rondes et gouttant de son menton. La tête renversée ainsi en arrière, les lourds nuages formaient un tourbillon qui semblait l’aspirer vers le ciel. Ses longues nattes s’imbibant au fur et à mesure d’eau de pluie, elle resta ainsi de longues secondes, pensive. Elle se demandait . . . Elle se demandait ce qu’il y avait, au-delà de ce ciel si rarement clair. Peut-être un Dieu ? Celui de sa mère. Celui qu’Alexander ne priait plus, prétextant qu’il les avait abandonnés. Mais il se trompait probablement. Comment pourrait-il les voir avec ce couvercle de nuages qui semblait les enfermer dans leur propre monde ? Et comment pourrait-il les aider, s’il ne pouvait voir leurs malheurs ? Mais peut-être qu’il pouvait les entendre. Peut-être qu’Alexander n’avait pas prié assez fort . . .

Fermant ses yeux déjà plissés à cause de l’eau qui les inondait, Imani se concentra, faisant le vide dans sa tête, et pria. De toutes ses forces. Pour que son Dieu l’entende. Pour qu’Alexander la voie, aussi. Elle imaginait aisément sa longue silhouette un peu voûtée, contre la fenêtre de leur trop grand appartement, trop grand pour deux orphelins en tout cas, en train de l’observer.  C’était encore assez loin, et il lui faudrait remonter toute l’avenue mais lui surveillait déjà son retour. Comme toujours.

Dans ce cas, il la verrait. Il verrait qu’on pouvait toujours garder espoir.
Elle inspira.
« Mon Dieu, est-ce que tu m’entends ? Je ne t’ai pas toujours bien prié, mais . . . j’ai besoin que tu me guides. Pour faire revenir la lumière dans nos vies. »
Un temps. Ce n’était plus une bruine, mais une pluie diluvienne. Le martèlement des lourdes gouttes sur le béton se répandait dans l’air en un grondement sourd, faisant naître une angoisse au creux de la poitrine d’Imani qui décida que Dieu lui répondrait une autre fois. Et s’apprêta à reprendre sa route, déjà trempée de la tête aux pieds.

Voyons, Imani . . . tu n’espères tout de même pas le salut ?

Elle se figea. Pas lui. Pas encore.

Tu n’es pas humaine. Tu n’es pas enfant de Dieu.

La respiration de la jeune fille s’accéléra brutalement, sifflant douloureusement.

Crois-tu que des aberrations de la Nature peuvent le prier ?

La gorge nouée et les pupilles dilatées, Imani tenta tant bien que mal de chasser la voix qui lui soufflait ces horreurs, marmonnant des protestations larmoyantes. Il se faisait passer pour un messager du Seigneur. Qui cherchait à la blesser. La plupart du temps elle parvenait à rester lucide : tout était dans sa tête – bien que cette idée la terrifiait également. Cette voix mensongère n’existait pas vraiment.
Mais parfois . . . parfois elle la croyait presque.

Une sonnerie stridente retentit à travers la cacophonie de la pluie en même temps qu’une vibration agitait sa poche droite. Brusquement Imani reprit contact avec la réalité et par réflexe, décrocha le portable qu’elle n’utilisait presque jamais. L’unique numéro enregistré s’affichait sur l’écran verdâtre. Alexander. Il était inquiet. Il n’appelait jamais autrement.
Levant les yeux sur la rue, l’adolescente se trouva face à une vision qui acheva de la terroriser. Courbée sous le déluge d’eau, une foule pressée se dirigeait vers elle, ou plutôt vers le métro un peu plus bas sur l’avenue, sans doute pressés de rentrer directement chez eux. Après tout, à quoi bon s’abriter ? Cette pluie ne s’arrêterait pas de sitôt.

Saisie d’horreur, Imani resta d’abord tétanisée par cette vision. La masse humaine était agitée d’une mouvance rapide et uniforme, comme si elle rampait sur les pavés. Et Imani croyait distinguer, dissimulés par les têtes baissées, des sourires mauvais.

Angoisse.
Le goût de la bile envahit sa bouche, son cœur martelait furieusement ses côtes.
Un vertige la saisit. Elle commençait à se sentir mal.
Très mal.

N’y tenant plus, elle fit volte-face et se mit à courir.

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Alycia Myavi
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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Dim 25 Sep - 12:43

La pluie continuait de tomber, de plus en plus fort, et par grosses averses. Je ne sentais rien. Je marchais, tête baissée, en regardant le sol et ses multiples flaques d'eau. Je me sentais seule, mais je ne l'étais pas. Je croisais des personnes, abritaient sous des parapluies, moi, rien. D'autres se protégeaient avec un journal.

Vraiment, c'est ridicule. Se protéger avec un journal. Pffff, tant qu'à faire, ne pas se protéger du tout !

Mes vêtements mêmes très courts, absorbaient la pluie. J'avais l'impression d'être lourde... Ma longue chevelure n'arrangeait rien. Cela faisait maintenant une bonne heure que je marchais, dans les rues de Londres, sous la pluie. Une grosse averse tomba, et il fallut que je m'abrite. Je passais devant un bar, et décidai de m'arrêter, prendre un verre.

Gling, gling.

Je m'assis à une table, éloignée de celles prises par d'autres personnes. A peine assise, un homme vint prendre ma commande.

<< Qu'est ce qu'il vous ferez plaisir en ce temps de pluie mademoiselle ?
- Hum.... Une menthe à l'eau assez fraîche s'il vous plaît. >>

Il me regarda d'un air étonné, puis nota ma commande dans un petit carnet qu'il enfourna dans son tablier. Il se dirigea à présent en cuisine. Je profitais de ce moment pour observer l'endroit où je me trouvais. Le bar était assez petit, une dizaine de personnes étaient à l'intérieur.
Un peu plus tard, l'homme revint, un plateau avec un verre de menthe à l'eau. Je le remercia tant bien que mal, et lui, en échange, me donna l'addition. Je pris la feuille de papier dans mes mains, lis le total. C'était assez cher mais je ne montrais aucun signe. Je sortis un billet de ma poche, et le lui tandis. Il me remercia et repartit.

Quel accueil... me dis-je.

Je finis mon verre rapidement et m'en alla. Gling, gling.
Dehors, il pleuvait toujours. Je marchais rapidement cette fois. Je n'avais pas d'endroits où aller. A croire que la pluie s'acharnait sur moi. Il fallait que je me trouve un abri, et vite. Cent mètres plus loin, à droite, il y avait une petite rue très étroites et les bâtiments protégeaient de la pluie. Je décidai de m'y engagée. Je m'arrêtai et m'appuya contre un mur en attendant que la pluie cesse. Soudain, un homme s'engagea à son tour dans la petite rue, et s'approcha de moi. Il tendit la main et me caressa la joue. Je ne réagis pas. L'homme devait avoir une quarantaine d'années. Maintenant, il me tournait autour. Cela commença a me chauffer. Je ne montrais aucun signe. Il me regarda d'un air fourbe, me dévisagea. Il commençait vraiment à trop se rapprocher. Je commençais à froncer les sourcils. Il sifflait. Je repris un air normal et attendis qu'il se rapproche pour lui décocher une bonne gifle. Il n'en revenait pas. Il leva la main et c'est à ce moment là qu'il fallait que j'agisse. J'esquivai sa gifle et je me retrouvais maintenant derrière lui. Après un bon coup de pied dans le derrière, il tomba à terre. Je lui adressa la parole assez sauvagement :

<< Tu te prends pour qui ? Tu as vraiment cru que tu allais m'avoir ? Laisse moi rire ! >>

Sur ces mots, je partis le pas rapide. Il pleuvait toujours dans les ruelles de Londres. Soudain, je percutai un jeune femme en marchant.


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Imani Greggson
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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Sam 8 Oct - 16:54

Les poumons d’Imani étaient en feu, et les minces filets d’air qui parvenaient à se frayer un chemin au travers de sa gorge contractée ne suffisaient pas à combler le manque d’oxygène qui se faisait cruellement sentir. A vrai dire, tout son corps n’était que douleur. Comme si une lame de feu traversait ses côtes et chacun de ses muscles. Et puis la pluie n’avait pas cessé, et la rue autour de l’adolescente semblait plongée dans un brouillard épais tant l’eau rendait sa vision floue. Si floue qu’elle ne vit pas la femme qui arrivait à pas rapides face à elle.

Le choc fut rude. Imani avait mis tant de force dans sa course que lorsqu’elle heurta l’inconnue, elle fut littéralement projetée en arrière et atterrit sur le béton trempé, roulant deux fois sur elle-même avant de s’immobiliser, le souffle coupé. Il lui fallut de longues, très longues secondes pour pouvoir ne serait-ce que se redresser, la tête entre les mains. L’onde de choc s’était propagée dans son crâne et lui donnait l’impression qu’il vibrait douloureusement.
A travers ses doigts, elle observa sans vraiment la voir la jeune femme qui avait à peine chancelé et la toisait de son regard azur. L’adolescente tremblait toujours, et lorsque la brune face à elle s’avança d’un pas . . . elle paniqua.
Son estomac se serra, ses oreilles bourdonnèrent, elle ne sentait même plus le filet de sang qui coulait de l’écorchure sur son front. Imani papillonna des yeux plusieurs fois mais le paysage déjà flou autour d’elle disparaissait peu à peu, englouti dans une lumière blanche qui témoignait d’une brusque et incontrôlée montée d’adrénaline. Les poils de ses bras et de sa nuque se hérissèrent tandis qu’autour d’elle les graviers et petits déchets étaient agités d’un mouvement singulier.

En réalité, ils vibraient. Imperceptiblement d’abord, puis de plus en vite, les cliquètements des cailloux et le froissement du plastique contre le trottoir étant masqués par le grondement de la pluie. La vibration ne tarda pas à se propager plus loin, et surtout à s’intensifier, à tel point que les cailloux près de l’adolescente se mirent à léviter. Toujours plus haut, toujours plus violemment, tournoyant sur eux-mêmes avec frénésie comme des avions kamikazes ne sachant pas où s’écraser. De plus en plus d’objets – détritus divers, babioles perdues, enfin tout ce qu’on peut trouver par terre dans la rue- vibraient à leur tour. Le grincement soudain d’une gouttière le long du bâtiment à la droite d’Imani tira une sonnette d’alarme dans son esprit : il fallait qu’elle s’arrête, et vite. Elle ne pouvait pas gâcher tous les efforts d’Alexander pour la protéger, la cacher.

Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, elle n’avait plus le contrôle. Désespérée, sanglotant à nouveau, l’adolescente tourna la tête à gauche, à droite, priant pour que la haute silhouette de son frère apparaisse. Ce faisant, elle réalisa une chose : tout en bas de l’avenue, les passants qui l’avaient terrorisée disparaissait peu à peu, avalés par la bouche de métro. La rue était vide, silencieuse si ce n’était le martèlement de la pluie qui résonnait encore mais déclinait aussi.
La respiration douloureuse d’Imani revint à un rythme moins saccadé. Avec difficulté, elle calma les tremblements de ses bras, clignant des yeux sans arrêt afin de reprendre ses esprits. Le bourdonnement entre ses tempes disparut peu à peu, et enfin le calme revint dans son corps et dans sa tête . . . juste à temps. Un coup d’œil de l’adolescente suffit à l’informer que la gouttière était prête à se décrocher de mur. Heureusement, elle émit un dernier crissement métallique, puis s’immobilisa.

Plusieurs secondes s’écoulèrent dans un silence pesant. Lentement, Imai se releva en grimaçant, la douleur n’avait pas disparu. Puis elle leva une main faible et essuya le sang qui avait coulé jusque sur son menton. Elle était épuisée. Pourtant, elle devait maintenant gérer un autre problème : l’inconnue qu’elle avait bousculée. Cette dernière aurait pu partir aussitôt après, surtout si elle n’avait pas l’intention de la relever. Cependant elle était restée à la fixer sans rien dire, et Imani était certaine que la brune avait vu. Elle avait vu son pouvoir.

Une boule se forma dans sa gorge et l’adolescente se mordit la lèvre. Elle s’en voulait d’avoir cédé à la panique de la sorte, d’avoir perdu le contrôle face à sa peur de la foule alors que tant d’autres fois elle était parvenue à prendre sur elle. Généralement, Alexander faisait ce qu’il fallait pour sa sécurité, mais il n’était pas là et elle était perdue. Imani risqua un coup d’œil timide vers sa vis-à vis à travers les tresses mouillées qui collaient à son visage, puis détourna le regard. Peut-être que si elle faisait comme si de rien n’était, si elle s’en allait avec naturel, l’autre en ferait autant.
C’est avec cet espoir qu’Imani fit volte-face et reprit le chemin qu’elle suivait avant sa crise d’angoisse, priant silencieusement pour que la jeune femme derrière elle ne l'arrête pas.

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Alycia Myavi
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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Lun 10 Oct - 17:01

Toujours sous le choc, je m'avançais prudemment de la jeune femme qui semblait très angoissée. Elle ne me remarqua pas quand soudain, je l'a pris par le bras. Tout se figea. Tout s'arrêta. Comme un vide dans ma tête sans vraiment savoir ce que j'allais lui dire. Je ne savais pas et ne voulais pas savoir. Je la relâcha, l'air, plutôt terrifiant comme j'avais l'habitude de faire à chaque fois que que mon regard croisé celui d'un inconnu, à l'occasion, une inconnue. Tout à coup, une chaleur m'envahit. Mon pourvoir. Pas maintenant. Je me retint de justesse, mais je faillis quand même explosée. Elle était déjà partie quand je me revint à mes esprits. Après un "Pfff", je me remit à marcher.

A croire que le ciel m'en voulait. A présent, il tonnait et pleuvait des cordes. Le clapotis des gouttes sur le sol, mais aussi le silence et la rue déserte me rendait, presque anxieuse. Ce qui n'étais pas à mon habitude. J'étais plutôt genre fort caractère, à ne pas me laisser abattre. C'était comme si cette rencontre m'avait fait changé de caractère. Mais je n'y croyais pas. Comment une simple rencontre m'aurait fait changé d'attitude ? Mais ça ne dura pas longtemps, à mon plus grand bonheur, je me remis à être espiègle, orgueilleuse même.

J'étais trempée, il fallait que je m'arrête. La plupart des boutiques fermées, tous les cafés fermés. Où allait. Provenant d'une fenêtre, j'entendis une voix qui semblait m'être adressé : "Mademoiselle ! Mademoiselle !" Je me retourna et vis une femme, assez vieille, qui devait avoir pitié de moi.
<< Entrez donc, vous n'allez pas rester sous la pluie me dit-elle, un sourire aux lèvres.
- C'est bien ce que je conte faire : rester là où je suis ! dis-je d'un ton qui prouvait que mon fort caractère était bien de retour.
- Ne vous fâchez pas mademoiselle. Je vous proposez juste.
- Vous ne croyez quand même pas que j'allais entrer chez une inconnue non ? >> Ce mot. Il me rappela la rencontre. La voix de la vieille femme me fit sorti de mes pensées.
<< Conte tenu de la météo, je pense que si votre caractère n'était pas tel que le votre, vous auriez accepter.
- Et bien non, au revoir ! >> Avais-je déclaré d'un ton fort et compréhensible, si bien qu'elle ne répondit pas.

Aussitôt, je me remise en route sous la pluie. Maintenant que j'y pensais, je n'aurais peut être pas dû refuser cette proposition, mais après tout, si il y avait bien quelque chose que me répéter sans cesse ma mère quand j'étais jeune, c'était : "N'accepte jamais les propositions des inconnus" Pour preuve que j'écoutais quand même les recommandations de ma mère, étant jeune. Même si, en cas de piège, je possédais mon pouvoir qui aurait été capable de me défendre si cela c'était passé comme ça, je n'avais pas confiance quand même. Peut être que la vieille femme m'aurait donné un café ou un chocolat bien chaud... rien que d'y pensé, je salivais. Arrêter d'y songer était la meilleure solution, ce que je fis.

Toute trempée, je continuais ma route, en quête d'un abris qui pourrait me réchauffer.

(Désolé si c'est pas très long, je savais pas trop quoi mettre =$)

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Imani Greggson
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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Jeu 27 Oct - 15:28

Emmitouflée dans une couverture épaisse, Imani observait la rue qui, de temps en temps, lui apparaissait à travers la pluie diluvienne. Elle était vide. Un soupir échappa à l’adolescente, tandis qu’elle dégageait ses tresses encore humides de sa nuque. Les événements qui s’étaient déroulés plus tôt tournaient et se retournaient dans sa tête. Elle s’en voulait. D’avoir été faible. D’avoir craqué comme ça, alors qu’Alexander avait fait tous ces efforts pour l’aider à s’en sortir.

Un frisson lui parcourut l’échine et elle resserra un peu plus ses bras autour d’elle. Derrière, contre le lit, son frère l’observait en silence. Pourtant elle aurait pu dire sans hésitation tout ce qui se passait dans sa tête. Il s’inquiétait, encore et toujours. Elle ne lui avait pas dit qu’elle avait perdu le contrôle de ses pouvoirs, à vrai dire elle n’avait pas dit grand-chose. Elle ne voulait pas l’inquiéter, et si elle avait commencé à parler, il aurait deviné. Elle ne pouvait pas lui cacher grand-chose. Comme une enfant.

Imani serra les dents. Si faible . . . Elle devait se prendre en main, il était temps de grandir. Le visage de l’inconnue qu’elle avait percutée lui revint soudain en mémoire. Et si . . . ? Non. Peut-être. Elle n’en savait rien mais, mieux valait s’en assurer, non ? Vérifier si cette femme avait compris ce qui s’était passé. Parce que si elle la dénonçait, ça pourrait mal tourner. Et les efforts qu’avait faits Alexander pour la protéger, sa vie et son avenir qu’il avait sacrifié pour elle, tout ça n’aurait servi à rien. Une poussée d’adrénaline tendit soudainement tous les muscles d’Imani, et elle repoussa la couverture qui retomba presque sans bruit sur le parquet. Elle sentit son frère remuer – il attendait une explication – mais attrapa son manteau sans le regarder.

« - Je sors.
- Et où tu vas ? Tu étais déjà dehors tout à l’heure.
- Regarde, la pluie s’arrête. »

En effet, les gouttes se faisaient plus rares et les rayons de soleil perçaient de nouveau à travers les nuages. Imani risqua un coup d’œil vers son aîné à l’air grave, comme toujours. Les yeux de l’adolescente glissèrent sur la mâchoire crispée, les mèches châtains qui caressaient le creux de son cou. Elle le trouva étrangement émouvant.

« - Imani . . . est-ce que tu me caches quelque chose ? »

Elle aurait voulu répondre. Pleurer encore un peu, se réfugier dans ses bras, bercée par cette voix grave et douce qui l’avait accompagnée et soutenue ces dernières années. Mais il fallait changer. Sa gorge se serra alors qu’elle tenait un peu plus fermement la poignée de la porte.

« - Non, bien sûr que non. Quelle idée ! Je peux bien avoir envie d’être seule ! Je ne suis plus une gamine, tu sais, il serait temps que tu le comprennes ! »

Et elle quitta la pièce, puis l’appartement, ignorant l’étau qui enserrait douloureusement son cœur. Elle l’avait blessé, elle le savait, mais il ne l’aurait pas laissée partir autrement.


L’air était humide et frais. Imani resserra son écharpe autour de son cou et enfonça ses mains dans ses poches, reniflant un peu. Génial, elle avait pris froid. Autour d’elle, les choses se remettaient lentement en marche : les magasins, cafés, librairies déversaient leurs lots de réfugiés sur les pavés, obligeant la jeune fille à s’arrêter souvent pour inspirer profondément et tenter de garder son calme. Elle y arrivait bien d’ailleurs, elle ne tremblait même pas. En cette fin d’après-midi tout se teintait d’un jaune ocre lumineux et apaisant.

Imani remonta l’avenue durant un certain temps, calmement. Il avait plu si fort qu’aucune personne saine d’esprit n’aurait pu rester dehors longtemps. La femme qu’elle avait bousculée s’était sans doute abritée quelque part, sous un auvent ou Dieu sait quoi. Surtout que lorsqu’elles s’étaient vues elle ne semblait pas avoir l’intention de prendre le métro. Mais elle avançait, et elle ne la trouvait pas. Pourtant, avec ses yeux bleus, impossible de la rater. . . La frustration et l’énervement serrèrent la gorge d’Imani qui inspira un peu plus profondément. De part et d’autre de la route, les magasins se raréfiaient jusqu’à disparaître et les entrepôts, sociétés de construction et autres hangars désaffectés étaient à présent ce qui s’offrait à sa vue, du plus loin qu’elle puisse voir. Tendue, l’adolescente s’arrêta. Elle ne pouvait et ne voulait pas aller plus loin. Ça ne l’empêchait pas de l’avoir mauvaise. Encore une fois, elle était inutile, faible, incapable. La détermination qui l’avait animée plus tôt s’était muée en un sentiment amer qui lui tira un rictus tremblant. Imani écrasa d’une main les larmes qui venaient poindre au coin de ses yeux en silence. Sa révolution n’aura pas duré longtemps.
C’est à ce moment qu’elle la vit.

Appuyée contre la façade d’un entrepôt grand ouvert et visiblement désaffecté, trempée jusqu’aux os, la femme qu’elle cherchait regardait droit devant elle, l’air neutre. Imani se fit la réflexion qu’elle semblait forte. Mentalement, parce qu’elle ne craignait pas de rester seule dans un endroit isolé. Elle ne semblait pas l’avoir remarquée . . . Soudain elle bougea. La pluie était terminée, elle n’avait plus besoin de s’abriter sous l’auvent du bâtiment. Imani s’avança un peu, elle voulait qu’elle la voie. C’était stupide, dangereux, et l’adolescente s’en serait sans doute rendu compte si ce sentiment, ce besoin impérieux de se prouver à elle-même n’avait pas balayé tout le reste. De toute façon, il était trop tard.

Lorsque les yeux bleus de l’inconnue croisèrent les siens, sa respiration se bloqua.

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Alycia Myavi
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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Lun 6 Fév - 10:00

De lourdes gouttes tombaient glissaient de mes cheveux épais et trempés par cette pluie qui s'était enfin arrêtée. L'entrepôt sous lequel je m'abritais il y a quelques minutes disparaissait, tout comme le paysage autour de moi. Les ruelles pavées, ces innombrables habitations bordant ces rues, s'effaçaient peu à peu. Le vide. Le stress. La peur. L'inquiétude. Mais que m'arrivait-il ? Mon caractère n'était plus tel qu'il était quelques minutes auparavant. Il avait changé. S'était transformé.

Mon regard croisa celui de cette adolescente que j'avais croisé quelques heures plus tôt. Elle me fixa. Je tentais nerveusement d'éloigner mon regard du sien. Mais elle persistait. J'était comme absorbée en elle sans que je sache pourquoi, ni comment cela c'était produit. La rencontre. La bousculade. Je me souvenais, en l'espace de quelques secondes, de cette rencontre. Dans cette rue qui m'avait protégé de la pluie. Je tentais vainement de reprendre mes esprits. D'arrêter de songer à ça. Mais son regard implorant ma pitié, son visage presque effacé, et à la fois terrifié de m'apercevoir continuait à me faire songé à ça. Comme si elle avait peur de moi. Comme si je l'effrayais. Ses nattes encore humides, ses yeux au regard profond, sa bouche qui ne semblait pas sourire, son visage, éperdument livide, sans expression. Pourquoi était-elle là ? Que me voulait-elle ?

Mon caractère de nature me réapparut aussitôt. La colère me monta à la gorge. J'avais cette envie de bondir au fond de moi, de la faire tomber, de la faire fuir. Mais non. Rien ne se produisit. Je restais avec mon apparence normale. Même ma volonté ni faisait rien. Je n'y arrivais pas. Que dire ? Que faire ?

Elle s'approcha lentement de moi quand cette envie terrible de lui sauté à la gorge commença à me prendre. A me déchirer . Était-elle ici à ma recherche ? Était-elle là par hasard ? Aucune réponse à mes questions. Juste cette envie de méchanceté, que dis-je, de férocité qui montait en moi au point de me faire exploser. Mais toujours rien. Toujours cette apparence humaine, mes longs cheveux bruns trempés par la pluie, mes yeux perçant les siens, mon visage qui, lui non plus ne semblait pas avoir d'expression. Rien. Juste un paysage blanc autour de moi et cette fille en face de moi. Plus de passants, plus d'entrepôt. Juste elle et moi.

Elle se rapprocha de quelques pas, et cette envie féroce montait, montait au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. Je croyais exploser de terreur. Son visage toujours livide semblait prendre des allures d'inquiétudes. Tout l'épisode de notre rencontre défila rapidement dans ma tête. Elle était tombée, elle saignait. Elle allait partir, je la retenais. Elle partit et je m'enflammais de colère. Quand tout se stoppa.

Alors qu'elle était à quelques pas de moi, je sentis mon corps se transformer sans que je puisse l'arrêter. J'allais me transformer en une bête horrible et féroce aux cros aiguisés près à se jeter sur n'importe quoi, n'importe qui quand le paysage réapparut. Les habitations, l'entrepôt, les ruelles pavées. Tout.

Je ne pouvais rien faire à part lui adresser la parole pour savoir ce qu'elle me voulait, ce qu'elle cherchait. Je voulus prononcer un mot mais aucun son ne sortit de ma gorge.

Elle recula d'un pas, comme s'il elle sentait que je bouillonnais en moi. Puis elle se ré-avança courageusement, près à me toucher de sa main droite. Ma main droite, aussitôt, lui donna une forte gifle. Je ne sentais rien, je ne contrôlais rien. Même après ça, elle resta près de moi. Elle persistait, elle ne lâcherait rien.

Pendant plus d'une demi-heure, on restait là, plantées sur le sol, droites comme des "i", à se regarder. Je n'avais pas le courage de lui adressait la parole, après tout je ne la connaissais même pas. Elle non plus ne semblait pas vouloir. Pourtant, c'était bien elle qui était venue me chercher, ici, à cet entrepôt. Puis je pensais qu'elle avait dû mettre du temps à me trouver, et qu'elle ne devait pas être méchante. Mais même avec cette pensée, je ne pouvais, à aucun moment, la trouver gentille, plaine de vie, ... Non rien de cela. Juste une pensée amère qui resta longtemps au travers de ma gorge. Comme toutes les pensées qui me viennent à l'esprit dès que je croise le regard de quelqu'un. Jamais je n'ai ressentis une sensation de bonheur auprès d'une personne. Peut-être me lamentais-je sur mon sors ? Peut-être n'avais-je réellement ressentie ça ? Jusqu'au moment où, baissant les yeux au sol, elle en profita pour me prendre par l'épaule de sa main tremblotante. Elle savais à quoi s'attendre. Enfin, je supposais. Au lieu de m'énerver, de la gifler ou même de me mettre sérieusement en colère, je restait éperdument zen, calme ce qui ne me ressemblait pas. Je me posais même des questions sur moi même. Je ne bougeais pas. Voyant que je n'avais aucune réaction, elle posa son autre main sur mon autre épaule. Je me redressa en hâte et elle continuait à me fixer, tout comme moi. Il fallait que je lui parle. C'était bien la première personne après ma mère et mon père avec qui je ne devenais pas méchante, cruelle. Si mon corps réagissait comme ça, je voulais bien, malgré moi, en faire de même.

J'ouvris la bouche et, miraculeusement, une voix douce, gentille sortit de ma gorge et je lui demanda :
<< Euh... Bonjour. Que fais-tu ici ? >>

Soudain, son visage repris des allures joyeuses, comme si elle était contente que je n'ai pas réagis méchamment. A son tour, elle me répondit avec une voix d'enfant, une voix douce d'une adolescente heureuse...

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MessageSujet: Re: London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]   Dim 19 Fév - 18:18

Imani ne savait pas vraiment quoi faire à présent qu’elle avait trouvé l’inconnue. Celle-ci semblait tendue, très nerveuse, et l’adolescente se demanda si elle avait eu raison de venir. Mais il n’était plus temps de douter ; puisqu’elle était là, autant s’assurer qu’elle n’avait pas percé à jour son secret. Cherchant ses mots – « Hem, auriez-vous par hasard remarqué que j’ai fait léviter des cailloux tout à l’heure ? Non parce que si c’est le cas, oubliez tout. » - mais c’était loin d’être évident. Peut-être que si elle engageait la conversation normalement, en abordant le sujet de leur collision plus tôt, elle pourrait deviner ce que la jeune femme avait compris.

Prenant son courage à deux mains, Imani s’avança, avant de s’immobiliser brusquement. Le visage de la jeune femme face à elle s’était tordu en une grimace féroce. Cela ne dura qu’une fraction de secondes, mais l’adolescente vit clairement la couleur de ses yeux changer, tirant de plus en plus vers le jaune brillant de pupilles animales, et les pointes luisantes de canines acérées dissimulées par les lèvres de la femme. Puis tout redevint normal. Et si la vision de cette bête avait envoyé un frisson d’horreur le long de la colonne vertébrale d’Imani, elle lui apprit aussi que l’inconnue était comme elle. Elle était une Anormale. Elles étaient pareilles. Presque soulagée, l’adolescente posa plus résolument sa main sur l’épaule de la jeune femme.

La réaction ne se fit pas attendre : un claquement sec résonna dans l’air lourd et une douleur lancinante se répandit dans le côté droit du visage d’Imani. Elle recula de quelques pas sous l’impact, tout en portant une main à sa joue rougie, surprise. Son cœur battit un peu plus vite, envoyant un shoot d’adrénaline dans ses veines. Comme un réflexe défensif, le fourmillement qui la parcourait chaque fois qu’elle utilisait ses pouvoirs réapparut, mais elle parvint à se maîtriser et à le faire disparaître. Il n’y avait rien à craindre. Il lui suffisait d’expliquer à cette femme qu’elle était sa semblable. C’est pour cela qu’Imani ne s’enfuit pas.

Cependant . . . elle ignorait comment instaurer le dialogue. Restée plantée là bêtement quelques instants, elle scruta curieusement le visage tendu, crispé de sa vis-à-vis. Elle avait l’air très perturbée. Imani le savait, parce que ce regard méfiant, apeuré qu’arborait l’inconnue, elle l’avait eu. Ils l’avaient eus, elle et son frère, et il était encore là de temps en temps. Tant que les gens comme elle ne seraient pas en sécurité et libres dans ce monde, ils l’auraient toujours. Une vague d’affection envahit l’adolescente lorsqu’elle songeait que la jeune femme avait dû vivre tout ce par quoi elle-même était passée, voire pire.

Elle voulait la mettre en confiance. Lui faire comprendre qu’elle ne craignait rien venant d’elle.

Forte de cette résolution, Imani posa à nouveau sa main sur l’épaule de l’autre dont le visage s’était imperceptiblement adouci, passant d’un rictus féroce à une grimace amère. Le temps semblait s’être arrêté, tout autour d’elles était silencieux. Imani ne bougeait plus, elle voulait lui laisser le temps. Pour une fois dans sa vie, elle se comportait en adulte. Elle était fière.

« Euh . . . Bonjour. Que fais-tu ici ? »

L’adolescente frémit un peu, surprise par le ton de gentillesse emprunté par son interlocutrice. Mais bien vite une satisfaction intense l’envahit : elle commençait sans doute à comprendre qu’elle pouvait lui faire confiance. Pour l’encourager dans cette voie, Imani lui offrit un sourire plus ou moins chaleureux. C’est qu’elle n’avait pas l’habitude, à part avec Alexander. Mais il fallait bien apprendre à enter en contact avec les gens, sinon elle serait toujours un poids pour lui. Inspirant doucement, elle engagea la conversation . . . ou tout au moins essaya.

« Hé bien, heu . . . je te cherchais. Je voulais te parler de notre collision de tout à l’heure. De ce qui s’est passé à ce moment-là. Je ne sais pas si tu as vu quelque chose mais . . . enfin, ce que je veux savoir, c’est si tu as constaté quoi que ce soit d’anormal. Pas qu’il se soit passé quelque chose d’anormal, bien sûr, mais si tu avais eu cette impression . . . »

Imani s’interrompit en se mordant la lèvre. Ce n’était pas en tenant un discours aussi embrouillé et hésitant qu’elle allait savoir si la jeune femme avait vu ses pouvoirs, ni qu’elle allait la convaincre qu’elle ne lui voulait pas de mal, parce que la femme semblait toujours très nerveuse. Tentant le tout pour le tout, elle décida d’abattre directement son atout. Elle se pencha en avant et murmura :

« Hum. J’ai constaté que tu avais des pouvoirs et . . . »

Erreur. Sous ses doigts, les muscles de la jeune femme aux yeux bleus se contractèrent tous en même temps, vibrant presque sous la tension. Sa chaleur corporelle sembla augmenter et ses yeux commencèrent à nouveau à changer. La peur saisit les poumons, le cœur d’Imani, glaçant tout son être. Elle tenta de marmonner quelque chose mais rien ne sortit de sa gorge. En face, comme tout à l’heure, la jeune femme ne semblait pas vouloir – ou pouvoir – compléter sa transformation, et restait là, furieuse, à la fixer avec ses yeux mordorés. Cependant cela ne rassurait pas la plus jeune qui, si elle parvenait tant bien que mal à contenir l’adrénaline qui envahissait son corps et faisait frémir les graviers à ses pieds d’une énergie non-naturelle, sentit néanmoins ses genoux se dérober sous elle.

Mais elle n’atteint jamais le sol mouillé. Deux bras puissants, chauds, dont elle connaissait par cœur l’étreinte, la rattrapèrent avant et lorsqu’elle leva le visage, les yeux marrons d’Alexander la fixaient. Emplis de colère, de reproches et d’une inquiétude folle qui serra le cœur de sa sœur. Lentement, il recula avec elle, l’éloignant de l’inconnue. Puis d’une voix qui se voulait diplomatique il dit :

« Nous ne vous voulons pas de mal. Nous ne faisons pas partie de l’armée, ni des rebelles. Nous ne savons rien de vous, excepté que vous possédez des pouvoirs, et nous n’aurions aucun intérêt à révéler cette information à quiconque étant donné que l’un de nous deux se trouve dans la même situation. »

Il laissa passer un temps, avant de reprendre, tenant fermement la main d’Imani dans la sienne :

« Si vous le désirez, nous pouvons prétendre que cette rencontre n’a jamais eu lieu. »

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London is my mother, London is my jail. [RP Alycia]
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