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 Rocky Road to Dublin [PV]

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Maël Nightmade
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MessageSujet: Rocky Road to Dublin [PV]   Dim 18 Sep - 20:45


One, two, three, four, five,
Hunt the hare and turn her down the rocky road and all the way to Dublin
Whack follol de rah !


Maël était d'une humeur massacrante, ce qui était bien la première fois depuis une semaine. Semaine qu'il avait passé a traîner dans les quartiers fêtards de Dublin, qui, même s'ils ne valaient pas ceux de Londres, avaient de quoi divertir n'importe quel jeune débauché - ce qu'il était, aucun doute possible de ce côté-là. Autrement dit, il avait repris son rythme d'oiseau de nuit, passant sa journée à somnoler pour mieux aller s'amuser dès le coucher du soleil. S'amuser étant chez lui synonyme d'alcool, de drogue et de filles. Ce qui était certes distrayant un temps, mais qui commençait quand même à le lasser. Déjà deux semaines et trois jours qu'il avait terminé sa dernière mission en balançant un corps sans vie dans la Tamise. Un corps qui avait fait l'erreur de lui résister un peu trop et de jouer légèrement sur ses nerfs - quand il était encore vivant, bien entendu. Ce n'était pas vraiment son genre de se débarrasser ainsi de ses victimes, lui qui était habituellement si retors et avait un don indéniable pour transformer ses meurtres en pseudo-suicides ; en conséquent, le commandement avait décidé de l'écarter momentanément de la capitale, le temps de retrouver le corps, de balancer quelques informations bidons aux médias et d'attendre que le tout se calme. Ils l'avaient donc envoyé se faire les griffes en Irlande, lui promettant une mission dans les jours à venir. Sauf que la mission tardait tellement que Maël en arrivait à se demander s'il n'allait pas prendre le premier ferry à destination de l'Angleterre, histoire d'aller expliquer à ses prétendus supérieurs où ils pouvaient se coller leur retour au calme. Deux semaines et trois jours. Si Londres n'était pas revenue au calme, lui était sérieusement sur le point de le perdre.

Sa mauvaise humeur était aussi  probablement due à l'heure qu'il était. En effet, il n'était que huit heures et demies du matin, autrement dit l'heure à laquelle il lui était plus d'une fois arrivé de se coucher durant cette semaine, et il était déjà dans la rue, occupé à s'orienter dans la capitale irlandaise. La raison en était plutôt simple. En effet, il se débrouillait la plupart du temps pour ne pas finir ses soirées seul, et ramenait donc souvent des filles chez lui, ou bien allait chez elles finir la nuit. Oui, sauf que sa "conquête" du soir précédent - et dont il avait déjà oublié le nom - avait omis de lui préciser qu'elle avait un travail qui commençait tôt, et que son réveil sonnerait juste à côté de son oreille à sept heures. Le jeune homme était très loin d'avoir apprécié la blague mais, trop fatigué pour lui expliquer le fond de sa pensée, il s'était contenté de la regarder partir et de l'écouter dire qu'elle lui laissait les clés, qu'il fallait les déposer au café d'en bas, que le café était dans le placard en haut à gauche, et autres inepties qui n'arrivaient pas à le sortir de son demi sommeil. Cependant, l'irritation qui perçait sous sa somnolence l'avait empêché de se rendormir et, plus agacé que jamais, il s'était résolu à se lever. Après avoir avalé en vitesse un café trop amer, il était sorti en laissant la porte ouverte et les clés à leur place, sur le buffet. Non seulement parce qu'il ne se souvenait plus d'où il était supposé les déposer, mais aussi parce qu'il était trop rancunier pour rendre ce menu service. Il s'était donc retrouvé dans la rue, quelque peu ébloui par le soleil grisâtre qui s'était déjà levé, lui aussi, et tentait de percer de ses rayons la pollution et le brouillard de la capitale irlandaise. Voyant le regard presque choqué d'une vieille dame qui promenait son caniche de l'autre côté du trottoir, il comprit sans peine qu'il ne devait pas avoir l'air très frais. Ne pouvant rien faire pour son teint pâle ou ses légères cernes sous les yeux, il se coiffa sommairement d'un geste de la main - "décoiffa" aurait été plus juste - puis traversa la rue, ignorant la vieille qui accélérait l'allure pour s'éloigner de lui. L'avis des autres l'importait peu, surtout quand ils avaient passé la quarantaine - ce qui était le le cas depuis trop longtemps en ce qui la concernait.

Il déambula pendant près d'un quart  d'heure jusqu'à s'être complètement repéré. Cette constatation lui arracha d'ailleurs une grimace de plus : son propre appartement se situait quasiment à l'autre bout de la ville. A cette heure, les transports en commun devaient être bondés, et il n'avait de toute façon presque pas de monnaie sur lui. S'il devait marcher jusqu'à chez lui, il aurait le temps de s'endormir au moins deux fois avant de retrouver son vrai lit. Il ne lui en fallut pas plus pour bifurquer vers le parking le plus proche, où il se rendit au garage à motos, d'un pas calme pour ne pas paraître trop suspect. Il en choisit une grise, - une couleur en soit assez passe-partout - mais qui présentait quand même quelques reflets oranges métallisés, puis s'agenouilla à côté d'elle. Il glissa ensuite dans l'antivol électrique - une antiquité - un passe-partout, qu'il avait dérobé dans un local que le QG londonien n'aurait pas dû laisser sans surveillance. La dérisoire barrière chargée d'arrêter des personnes aussi mal intentionnées que lui se rendit sans plus de résistance, et Maël grimpa sur le véhicule avec une petite moue satisfaite. Il retourna ensuite l'antivol, révélant un petit interrupteur sur lequel il appuya pour en faire sortir un mince faisceau laser, qu'il dirigea contre l'écran tactile à reconnaissance digitale qui faisait office de clé de contact. Celui-ci se reconfigura immédiatement, et il appuya son propre index sur l'écran bleuté, faisant démarrer la moto qui émit un petit ronflement discret. Un coup d’œil au compteur de vitesse qui venait de s'afficher lui indiqua que le propriétaire – ou plutôt l'ancien propriétaire – de son nouveau moyen de transport avait fait modifier le moteur et son système informatique pour pouvoir atteindre des vitesses bien plus élevées que celles qui étaient autorisées en ville. Une action bien sûr illégale dont il ne pourrait plus jamais se vanter, le véhicule ayant été reconfigurée pour Maël et ne pouvant donc plus être utilisé par une tierce personne. Dommage pour lui. Le jeune voleur laissa le moteur ronronner un petit moment, puis pressa la pédale d'accélération et quitta le parking à une vitesse proche de celle normalement réservée aux deux-voies qui entouraient la ville. A ce rythme, il serait sans doute bientôt rentré chez lui, et peut-être même qu'il pourrait dormir un peu, du moins si le café qu'il avait pris en se levant avait fini de distiller ses quelques gouttes d'énergie dans son corps. Cette simple pensée lui arracha un sourire tandis qu'il doublait une file de voiture stationnées à un feu rouge.

Cependant, alors qu'il arrivait à moins de 10 minutes de son appartement – pour la vitesse à laquelle il roulait, en tout cas – il songea qu'il n'était peut-être pas plus mal de passer chercher quelques provisions dans un hypermarché avant de rentrer chez lui. Surtout qu'il n'avait pas fait le plein depuis au moins 5 jours, et qu'il en était réduit à se faire des pâtes depuis deux soirs quand une fringale le prenait avant qu'il ne parte dans les quartiers où on buvait bien plus qu'on ne mangeait. Non qu'il soit friand des plats raffinés, mais il aimait la viande rouge et un bon steak lui aurait sans aucun doute fait  plus plaisir que les meilleurs spaghettis du monde. Il freina un peu et prit la première sortie sur le périphérique pour rejoindre une des grandes surfaces qui bordaient le long de la route, et dont la taille n'avait rien à envier au stade omnisports de la ville. Après s'être garé dans l'un des trop nombreux parkings et avoir noté le nom et le numéro de sa rangée – et ce bien qu'ayant le douloureux pressentiment qu'il allait les oublier dès les portes franchies – il entra dans l'hypermarché, tournant à droite juste après les vitres coulissantes pour rejoindre son principal objectif, la boucherie. Alors qu'il était occupé à estimer son temps d'attente à plus de dix minutes – c'est fou ce que les gens peuvent être matinaux – il repéra une autre zone qui semblait vendre de la viande, et où moins de monde s'était précipité. Il obliqua donc vers cette partie de la grande surface et, trop occupé à ne pas la perdre de vue, ne fit absolument pas attention à la jeune fille brune qui se trouvait sur son chemin. Son épaule percuta brutalement la sienne, le faisant plus sursauter qu'autre chose, puisqu'il ne ressentait aucune douleur. Ce manque de sensibilité ne l'empêcha toutefois pas de jeter un regard furibond à celle qui avait osé couper sa route.

« Dis donc toi, ça t'arrive de regarder où tu marches, ou c'est une habitude chez toi de te manifester aux autres en leur rentrant dedans ? » siffla-t-il, glacial.

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MessageSujet: Re: Rocky Road to Dublin [PV]   Dim 9 Oct - 11:31


Rocky Road to Dublin
(c) Tumblr



Maman a encore pleuré. Pourquoi ? Je l’ignore. Etait-ce à cause des bêtises de Machiavel ? A cause de Papa, qui n’était toujours pas là ? Ou bien, à cause de moi ? Mais qu’ai-je bien pu faire de mal ? Je ne sais pas. Et puis de toute façon, ce n’est qu’un rêve. Soyons libres ! Il ne faut pas pleurer. C’est triste de pleurer. Surtout dans un rêve. Même s’il prend, parfois, des allures de cauchemar. J’aimerais tellement consoler Maman. Mais … Je ne peux pas. Je ne vois pas comment faire. C’est peut-être tout simple, dans le fond. Lorsque je lui dis que tout ça n’est qu’un rêve, elle sèche ses larmes, et me regarde de ses deux grands yeux tristes. Comme si je ne disais pas ce qu’il fallait. C’est tellement compliqué, tout ça …

J’ai eu peur, aujourd’hui. J’ai peur. Imaginons un instant que rien de cela ne soit réel - ce qui est, évidemment, le cas. Imaginons. Et si ce n’était pas ce qui m’entourait qui n’existait pas ? Et si c’était moi qui n’existait pas ? C’est idiot, je sais. Comment pourrais-je penser ? Mais d’un côté … Comment savoir quand je me suis endormie ? Comment savoir ? J’ai bien compris qu’il fallait plus qu’une simple douleur pour sortir d’ici. Je devrais … trouver un moyen de revenir à la réalité. Quelque chose de suffisamment douloureux pour revenir à la réalité. Quelque chose de suffisamment douloureux pour savoir si j’existe vraiment. Pour savoir la vérité. Ce ne doit pas être bien compliqué.

Je ne sais même pas ce que je suis venue faire ici. Ici où ? Dans un supermarché. J’y déambule depuis plus d’une heure. Je m’interroge, en voyant tous ces sachets de pâtes. Est-ce que je me réveillerais, si je me laissais mourir de faim ? Peut-être pas. Mais que se passerait-il alors ? Que se passe-t-il, lorsque l’on meurt dans un rêve, sans souffrir suffisamment ? On rêve encore ? On tombe dans le coma ? On sombre dans notre rêve, sans jamais pouvoir en sortir ? On sombre, tout simplement ?

Il y a tellement de choses intéressantes dans les rêves. C’est tellement intéressant d’essayer d’explorer ce monde. J’ai rêvé que je rêvais. C’est probablement la chose qui m’a longtemps fasciné. Un rêve dans un rêve. Et un rêve dans un rêve qui est lui-même dans un autre rêve ? Le principe du tableau dans le tableau. C’est peut-être possible ? Ça ne m’est encore jamais arrivé. Enfin, peut-être que si. Je ne sais plus tellement. Jusqu’au pouvons-nous remonter ? Est-ce qu’il y a une limite, à cet enchaînement de rêves ? Qui sait ?

Autre chose intéressante : sortir du rêve. C’est bien beau de s’enfoncer dans tous ces rêves, mais … Comment en ressortir ? Je tenterais bien toutes les solutions que j’ai envisagées jusqu’à maintenant. Mourir de faim serait peut-être la première ? Mais … Maman dit qu’il faut manger. Même si on est dans un rêve. Je ne devrais peut-être pas l’écouter. Après tout, ce n’est pas vraiment ma Maman. C’est juste la Maman de mes rêves. Et l’overdose ? Maman ne m’a rien dit à ce sujet. Elle n’a jamais dit que je ne devais pas me laisser mourir d’overdose. Et les champignons ? Mon professeur a dit, un jour, que tous les champignons étaient comestibles ; certains une seule fois. Je devrais peut-être essayer, aussi. Et je ne me laisserais pas mourir de faim, comme ça. Enfin, c’est compliqué, tout ça. La meilleure solution revient peut-être à sauter d’un immeuble, ou à passer sous un train. C’est rapide, efficace. Pourquoi pas sous une voiture ? Parce que si je me rate, Maman va me surveiller encore un peu plus. Et je risquerais de lui faire de la peine dans le rêve. Et ce n’ait pas vraiment ce dont j’ai envie. Une autre raison ? J’aimerais bien que quelqu’un m’accompagne. Et passer à deux sous une voiture, c’est un peu difficile. Il y en a un qui risquerait de rester vivant. Ou endormi, ça dépend du point de vue.

Un choc. Une douleur dans l’épaule. Je manquais de tomber, soudainement déséquilibrée. Je gémissais, brutalement revenue à la réalité. Je fermais un instant les yeux, et regardais autour de moi. De la viande. Je ne sais même pas comment je suis arrivée là. Je ne sais même pas comment on fait pour sortir. Les larmes me montaient déjà aux yeux. Perdue. Une voix me fit sursauter. Agressive. Regarder où je marche ? J’aurais dû le faire, oui. Ça aurait été une bonne idée. J’aurais su comment j’ai fait pour arriver ici, au moins. Mais c’est trop tard, maintenant. Une habitude de me manifester aux autres en leur rentrant dedans ? Je portais une main à mon épaule, et levais la tête vers … Un beau jeune homme. Pas spécialement grand, brun, mal coiffé, les yeux cernés, un peu pâle, mais beau quand même.

« Heu … N … Non … Non, je ne crois pas. … Je … Je voulais pas … Je t’ai fait mal ? »

Je l’observais, hésitante. Il avait des yeux … gris métalliques. Magnifiques. S’il semblait sympathique ? Pas tellement. Mais … Peut-être que ce n’est pas le cas. Les apparences sont parfois trompeuses. Et puis … Il y a beaucoup de gens gentils, ici ! Mélanie, par exemple ! Même si elle vole un peu, elle est très gentille. Et c’est probablement le cas de ce jeune homme.

« Tu t’appelles comment, au fait ? Moi, c’est Myah ! »

Je lui adressais un sourire, et passais une main dans mes cheveux. Il allait bien voir que je n’étais pas si méchante que ça, non ? Je ne l’ai pas bousculé par plaisir. En plus, j’ai eu mal. Ça ne m’a même pas réveillée, en plus. Enfin … C’était prévisible. Il faut quelque chose de bien plus douloureux. Enfin bon …

« Tu faisais tes courses ? »

La curiosité est un vilain défaut ? Dans la vraie vie, oui. Que pourrait-il bien m’arriver ici ? A part percuter violemment des jolis garçons, sans même le faire exprès ? Pas grand-chose de grave, j’imagine. Et puis, il ne va pas me tuer pour lui avoir demandé ça, non ? C’est juste une question, après tout …

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MessageSujet: Re: Rocky Road to Dublin [PV]   Mar 25 Oct - 13:09

Un léger frisson parcourut l'échine de Maël, semblable à un courant électrique, reflet de la faible d'onde d'énergie qu'irradiait la douleur dans l'épaule de l'inconnue. Rien d'extraordinaire, mais cela lui suffisait pour chasser les dernières brumes de fatigue qui bloquaient encore son esprit. Il n'était pas de meilleur poil, mais avait au moins les idées un peu plus claires. Assez pour songer à détailler du regard celle qui avait osé le bousculer. A peine plus petite que lui, elle devait avoir à peu près son âge – un peu plus jeune, peut-être – et était plutôt mignonne, avec sa mèche brune, ses tatouages par-ci par-là et ses jolis yeux pétillants. Il en reconnaissait presque que, dans d'autres circonstances, il l'aurait sans doute abordé avec un peu plus de courtoisie … Ce qui n'empêchait pas la colère de continuer à pulser dans ses veines ; elle ne lui était vraiment pas rentré dedans au bon moment, et ses mâchoires serrées en étaient le signe le plus évident.

« Heu … N … Non … Non, je ne crois pas. … Je … Je voulais pas … Je t’ai fait mal ? »

Admettons-le, beaucoup de personnes auraient posé cette question. Un bon tiers, au moins, l'autre regroupant les lâches qui se seraient esquivés sans un mot, tandis que la dernière partie concernait plutôt les individus susceptibles et trop sûrs d'eux, qui auraient, bien évidemment, répliqué. D'ailleurs, c'était loin d'être la première fois qu'on l'interrogeait ainsi, de manière si peu justifiée dans sa condition ; il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'elle-même ne déroge pas à cette règle. Et pourtant, toute la rage du monde n'aurait pas pu l'empêcher de sourire à cette remarque, surtout en cette situation. La candeur avec laquelle elle avait été prononcée, associée au fait que c'était la propre douleur de cette jeune naïve qui avait achevé de le réveiller, aurait même presque pu le faire rire. Il s'en abstint, cependant, conscient que ce radical changement d'attitude aurait tôt fait de lui mettre la puce à l'oreille. Ou pas, d'ailleurs, car elle ne paraissait pas particulièrement maline – ou alors c'était son instinct de survie qui était remarquablement réduit, car peu de personnes auraient répondu avec autant d'innocence et de fraîcheur à une question aussi agressive. Il se contenta donc d'un léger sourire, chargé d'ironie, tandis que son regard restait, à son habitude, froid et imperturbable. Toutefois, la responsable ne comptait pas en rester là ou prendre discrètement la fuite, puisqu'elle ne tarda pas à en rajouter une couche :

« Tu t’appelles comment, au fait ? Moi, c’est Myah ! Tu faisais tes courses ? »

Intéressant. C'était donc son instinct de survie qui brillait par son absence. Presque malgré lui, l'instinct manipulateur de Maël le faisait songer que ce trait de caractère ouvrait de multiples possibilités, et il oublia momentanément son envie de l'envoyer bouler pour afficher un air un peu plus sympathique. Bon, certes, ce brutal changement d'avis pouvait paraître un peu suspect, mais elle lui avait déjà démontré qu'elle n'était pas très observatrice, et encore moins méfiante. De toute façon, il avait deux choix : celui de se passer purement et simplement les nerfs sur elle, comme il était si bien parti pour le faire, ou bien s'amuser un peu, ce qui le détendrait au moins autant. Voire plus. Oui, sûrement plus. Même si elle ne faisait pas partie de ses cibles – quoique cela ne lui aurait pas déplu – il n'avait pas été en mission depuis plus de deux semaines. Autrement dit, une éternité. Et l'adrénaline qu'elles lui procuraient lui manquait terriblement … Il fit donc un effort pour détendre progressivement ses muscles encore crispés par l'irritation et, massant un peu son cou, se composa au passage un air presque désolé. Presque. Oui parce qu'il était quand même rancunier et que faire semblant de passer l'éponge sur ce malheureux incident était un peu trop fort pour lui. Surtout à cette heure.

« Oui, je faisais mes courses. C'est souvent ce qu'on fait dans un hypermarché, non ? » fit-il remarquer, avec un petit sourire mi-amusé mi-moqueur qui rendait sa réponse nettement moins sèche que la précédente.

La question était cependant si stupide qu'il n'avait pu s'empêcher de répliquer de manière un peu provocante. Sans compter qu'il n'avait plus pour habitude de devoir gagner la confiance des autres, et que cette manière de parler en était presque devenu un automatisme. Il veilla toutefois à garder l'air aimable qu'il s'était composé, histoire de ne pas réveiller des pulsions de susceptibilité – très – enfouies de la dénommée Myah. Celle-ci n'avait en effet pas l'air de s'offusquer facilement, au vu de sa réaction après que Maël l'ait bousculé. Les reproches qu'ils lui avaient alors sifflé étaient largement assez injustifiés pour en faire gronder plus d'un, ne serait-ce parce qu'il était au moins autant en tort qu'elle …

« Mais il y a un peu trop de monde à mon goût. Je ne viens pas à cette heure-ci, d'habitude … Enfin, peu importe, la seule chose dont j'aurais besoin pour le moment, c'est d'un café » rajouta-t-il après quelques instants de silence.

Sur ces mots, il tourna les talons. Loin de lui l'idée de la planter là, bien sûr, lui qui commençait tout juste à s'amuser. Non, tout ça n'était qu'une question de stratégie, finalement. En lu faisant croire qu'il allait se tirer sans plus de formalités, il s'assurait de manière presque absolue qu'elle le suivrait s'il lui proposait. Bon, bien sûr, il pouvait toujours se voir refuser cette offre, et il n'était pas sûr, si jamais c'était le cas, qu'il s'abaisserait à insister … Mais qui ne tente rien n'a rien, selon un proverbe qu'il aimait trop souvent appliquer. Ce qui l'avait d'ailleurs conduit à balancer un corps dans la Tamise et donc à cette désagréable situation de mise au repos – mise à l'écart aurait été plus juste. Maël fit quelques pas en avant, avant de ralentir, comme s'il hésitait. C n'était bien sûr pas le cas, mais cette "technique d'approche" était si courante pour lui qu'elle en était presque devenue un réflexe. Il resta ainsi immobile quelques instants, avant de se retourner et de dévisager Myah. Il eut une petite moue indécise, puis finit tout de même par lui demander :

« Dis-moi, ça ne te dirait pas de venir avec moi ? Je t'offre le café si tu veux. »

Il faillit rajouter un « pour me faire pardonner de t'avoir bousculé », mais les mots refusèrent de franchir ses lèvres. Jouer la comédie, d'accord, mais pousser jusqu'à ce point, c'était un peu trop fort pour lui … Tant pis, sa proposition tenait largement la route telle qu'elle avait été formulée, et serait sans doute suffisante pour la jeune fille. Du moins, il l'espérait.

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MessageSujet: Re: Rocky Road to Dublin [PV]   Sam 29 Oct - 11:59


Rocky Road to Dublin



Un sourire illumina son visage. Il est mignon, quand il sourit. Il semble vraiment plus gentil. Et puis, il est forcément gentil, non ? Il ne peut pas y avoir que des gens méchants, dans un rêve. N’est-ce pas ? Il faisait ses courses. Il disait que c’était souvent ce qu’on faisait dans un hypermarché.

« Souvent, oui … Pas toujours … »

J’eu un léger sourire, qui ne tarda pas à s’effacer. Je suis venue ici pour … Je ne sais pas. Et je me suis perdue. Pendant un instant, la panique refit surface. J’observais le jeune homme. Il souriait. Bon … Ca ne doit pas être si compliqué de sortir d’ici, non ? Au pire … Il pourra m’aider. Pourquoi pas ?

Il disait qu’il y avait trop de monde à son goût. Qu’il ne venait pas à cette heure-ci, en générale. Il est quelle heure, en fait ? A quelle heure vient-il, habituellement ? Tôt, ou tard … Je me demande. Après tout, il y a toujours du monde dans un supermarché, non ? Enfin, quand j’y vais. C’est peut-être différent à d’autres heures.

Il disait que, la seule chose dont il avait besoin pour le moment, c‘était d’un café. Et il se retourna. Je fis un pas, avant de m’arrêter. Devais-je le suivre ? C’est que … Je n’ai pas envie qu’il s’en aille. Je veux … Qu’il reste. Je n’ai pas envie qu’il quitte mon rêve. Qui sait, il risque de faire comme Papa, après. Ne jamais revenir. Il me manque, Papa. J’aimerais qu’il revienne. Maman pleurerait moins, je pense. Et on serait tous heureux. Ce serait un beau rêve. Ça avait bien commencé, pourtant. Et là … Ça ne va pas tellement bien. C’est vrai, non ? Et pourquoi ? Et pourquoi ça va mal, hein ? Je n’aime pas les cauchemars. Ce n’est pas joyeux. Pas joyeux du tout.

Le garçon s’est arrêté. Juste quelques instants. Puis il s’est retourné. Je le regardais, ne sachant pas vraiment ce que je devais faire. Il eut une petite moue, avant de me demander si je voulais venir avec lui. Il proposait de me payer le café, si je voulais. Sonnette d’alarme. Maman dit toujours de ne pas suivre des inconnus. Enfin bon … Ce n’est pas un inconnu. Il s’appelle … Comment il s’appelle en fait ? Enfin … Ce n’est pas bien grave. Il a dû oublier de me le dire. Machiavel aussi, il oublie toujours des trucs. Du coup, je lui redemande souvent les choses plusieurs fois. J’ai l’habitude. Et puis de toute façon, je suis perdue. Je suis bien obligée de le suivre, si je veux sortir d’ici.

« Si tu veux ! C’est gentil. »

Je trottinais doucement vers lui, un léger sourire aux lèvres. Il est gentil de m’avoir proposé de venir avec lui. Et s’il s’en était allé sans moi ? Je l’aurais suivi. Au moins pour sortir d’ici. Je lui agrippais doucement le bras, pour ne pas le perdre au milieu des gens. Pour ne pas qu’il me laisse ici ? Non. Il ne ferait jamais ça, de toute façon. Non ? Pourquoi me proposerait-il un café, sinon ?

« Tu ne m’as pas dit ton prénom, au fait. »

Je levais un instant la tête vers lui, sans toutefois m’arrêter de trottiner à ses côtés. Je le laissais m’entraîner à la sortie du supermarché, sans vraiment comprendre où on était. On traversait un rayon, puis un autre. J’admirais son sens de l’orientation. Je n’aurais jamais été capable de retrouver mon chemin toute seule. Comment je faisais les courses, d’habitude ? Avec Maman. Ou je commandais par Internet, lorsque j’en avais vraiment besoin. Je n’osais m’aventurer dans ces allées pleines de monde. Ou alors … Je me perdais. Voilà.

Je continuais de suivre le jeune homme jusqu’à une terrasse. Je ne le lâchais que pour m’asseoir à une table. Je l’observais un instant, souriante. Je me demandais s’il vivait ici depuis longtemps. Je ne l’avais jamais vu, en fait. Pas même au bahut. Peut-être qu’il allait dans un de ces grands établissements privés ou peut-être qu’il n’y allait pas du tout, tout simplement.

« Tu vis à Dublin depuis longtemps ? »

J’attendais un instant sa réponse. Peut-être qu’il vivait ici, avec son papa, et sa maman ? Ou peut-être qu’il était là juste pour des vacances. Et que, donc, je ne le verrais plus. Enfin … Il n’habite peut-être pas très loin d’ici, non ?

« Et … Tu es à la fac ? »

Pas que ça ait vraiment d’importance, mais … Autant demander, non ? Qu’y a-t-il de mal à poser une question ? Que ce soit dans un rêve ou dans notre réalité ? Aucun, non ? Ce n’est rien de plus qu’une simple curiosité. Rien de plus …

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MessageSujet: Re: Rocky Road to Dublin [PV]   Ven 18 Nov - 15:01

Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter quant au fait qu'elle puisse se méfier. Non, vraiment, c'était totalement inutile. A peine lui avait-il proposé de l'accompagner qu'elle se dirigeait vers lui d'un petit pas de souris, et s'accrochait même à son bras, comme inquiète qu'il change d'avis. Ou qu'il la plante. Ce qu'il aurait pu faire, je vous l'accorde. En d'autres circonstances, il se serait peut-être agacé de ce manque de suspicion, qui rendait tout trop facile – il n'avait pas l'habitude, avec tous les Anormaux paranoïaques qu'il pourchassait en temps normal – mais pour l'instant, cela ne faisait que l'amuser. C'était presque touchant, cette innocente façon de se rapprocher naïvement du prédateur. Presque. Maël commença à marcher vers l'autre extrémité du supermarché, où se trouvaient la plupart des cafés – ceux qu'il connaissait, du moins – arrivant sans peine à faire abstraction de Myah qui ne lâchait toujours pas son bras.

« Tu ne m’as pas dit ton prénom, au fait. »

Pas faux. En fait, il avait tellement pour habitude d'éluder ce genre de question le plus longtemps possible qu'il l'avait oublié sans même s'en rendre compte. Pourquoi ? Parce qu'il préférait toujours cerner sa proie avant de répondre, pour voir s'il valait mieux dire la vérité ou mentir. Un prénom, ça semble très peu d'information, mais certains Anormaux ont des pouvoirs tellement absurdes … Bref, dans le cas de Myah, il ne risquait pas grand chose à lui révéler son véritable prénom – pour ne pas dire rien. Il haussa négligemment les épaules, avant de lui répondre avec un petit sourire d'excuse :

« Maël. Tu m'avais posé la question ? » rajouta-t-il, l'air de ne pas y toucher. Il laissa un petit silence. « Hum, oui, sans doute, je crois même que je m'en rappelle. Désolé de ne pas y avoir répondu plus tôt. »

Des fois, le flegme anglais avait du bon. Il n'aimait guère s'en servir, préférant être franc et provocant, mais à l'occasion, ça restait amusant. Il se désintéressa momentanément de Myah pour retrouver son chemin dans les couloirs et les allées du supermarché. C'était beaucoup moins facile de jour que de nuit, notamment à cause du monde qui y circulait. Il arrivait cependant à apercevoir quelques uns de ses points de repère et, même s'il avait la frustrante impression que le chemin qu'il prenait était loin d'être le plus court, il parvenait tant bien que mal à se retrouver. Finalement, après avoir dépassé toute une allée de magasins de vêtement auxquels il n'avait jamais prêté attention, il distingua, à gauche, l'enseigne d'un des cafés qu'il avait déjà visité. Il obliqua immédiatement et, quelques minutes plus tard, ils étaient installés à la terrasse d'un café – Myah s'était d'ailleurs résolu à lâcher son bras pour pouvoir s'asseoir. Il commanda deux cafés sur le plateau électronique qui était posé sur la table, puis reporta son attention sur la jeune fille.

« Tu vis à Dublin depuis longtemps ? Et … Tu es à la fac ? »

Hum. Intéressantes questions. Conscient qu'il ne devait pas y réfléchir trop longtemps pour ne pas paraître suspect, Maël fit tourner ses méninges à toute allure, notant au passage que sa semaine de repos forcé l'avait un peu rouillé. En temps normal, il aurait répondu presque automatiquement par un semi-mensonge fabriqué en un instant. S'il vivait à Dublin ... Assurément non. Était-il utile de mentir sur ce point ? Non, pas nécessairement. Mais quand même, ce serait amusant. Quant à ses études, il préférait encore dire la vérité. Les études lui plaisaient tellement peu qu'il ne lui serait jamais venu à l'idée de prétendre qu'il en faisait ; le principal atout d'un menteur est de choisir des mensonges valables. Maël pencha légèrement la tête de côté, comme s'il se demandait ce qui lui valait toutes ces questions – ce qui était un peu le cas à vrai dire – avant de répondre :

« Pas depuis très longtemps non. En fait, je ne sais même pas jusqu'à quand je suis là. Je suis voyageur, tu vois. Je reste dans un endroit qui me plaît, et puis quand un autre m'attire, je bouge. Quant à mes études, ça fait un bon bout de temps que j'ai arrêté ça. Étudier et passer ses journées assis … non merci » finit-il avec une grimace.

Il attrapa les deux tasses de café qui circulaient sur le rail automatisé et en posa un devant Myah, avant de goûter le sien. Il était bien meilleur que celui qu'il avait avalé en vitesse ce matin, et cette constatation lui arracha un petit sourire satisfait. Il n'était pas vraiment accro en café. Mais quand, même ça l'aidait à démarrer. Et puis, être dans le brouillard en plein jour était incontestablement la chose la plus ennuyeuse qu'il connaisse. Encore, de nuit, ça passait très bien, surtout que c'était le cas de toutes les personnes qui l'entouraient – et qui tenaient généralement l'alcool beaucoup moins bien que lui. Mais revenu dans le monde "normal", cela lui procurait le sentiment de ne plus être en phase avec la réalité. Sentiment très désagréable pour lui qui aimait tant analyser son environnement, et en tirer de quoi s'amuser. Après avoir pris quelques gorgées, il reposa sa tasse et détailla un peu Myah. Elle aussi avait l'air déphasée. Comme si elle était là sans l'être. Maladie mentale ? Peut-être, mais ce n'était pas nécessairement synonyme d'Anormal. Et il avait beaucoup de mal à l'imaginer possédant un pouvoir surnaturel, tant sa naïveté et son côté inoffensif s'étaient manifestés depuis qu'il lui était rentré dedans.

« Et toi ? A ton accent, inutile de te demander si tu vis ici depuis longtemps, mais est-ce que tu fais des études particulières ? A moins que tu ne sois encore dans les études générales, ça dépend de l'âge que tu as, sans doute. »

Si le ton de Maël restait sympathique, son air affable s'était quelque peu dissipé, laissant place à une expression plus indéchiffrable. Non qu'il ait baissé sa garde, mais simplement qu'il s'intéressait à son éventuelle réaction. Qui lui en apprendrait sans doute plus que ses réponses, bien qu'il éprouvât quelques curiosités sur l'âge qu'elle avait et les études qu'elle pouvait bien mener. Cela l'aurait étonné qu'elle soit encore au lycée, mais après tout, peut-être était-elle plus jeune que ce que son apparence laissait penser ...

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