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 Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]

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Hana Morgan
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MessageSujet: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Dim 4 Sep - 21:41

Assise sur un banc, Hana contemplait le parc autour d’elle. Elle était étonnée qu’il soit encore intact : après tout, une bonne partie de la ville avait été touchée par les bombardements. Mais même si l’endroit avait été épargné, il était désert. Les balançoires vides et les fleurs desséchées témoignaient du fait que la guerre continuait, que les gens n’avaient pas le cœur à se promener, que les parents avaient toujours aussi peur de laisser sortir leurs enfants.
  Hana trouvait ça dommage. Après tout, à quoi peut bien servir une vie sans distractions ? A ses yeux passer ses journées enfermé, c’était pas vivre, c’était mourir. Et puis sortir la divertissait, la détournait momentanément de tous ces souvenirs qui l’assaillaient sans cesse. La veille encore, elle avait lu dans la mémoire d’une femme par inadvertance. Hana l’avait regardée dans les yeux un peu trop longtemps, juste une seconde de trop ; mais ça avait largement suffi.

Les bombes... Les bombes qui s’écrasent partout, le feu, le sang. Les enfants qu’il faut mettre à l’abri. Et tous ces cris...

  Elle se recroquevilla sur elle-même, tenant sa tête entre ses mains. Non, il ne fallait pas qu’elle se laisse engloutir par les souvenirs de cette femme, c’était trop douloureux, il fallait qu’elle lutte. Toute cette peine, cette peur, cette souffrance... Elle ne pouvait pas le supporter. Elle devait oublier, oublier toute cette douleur, mais elle ne pouvait pas. Elle pouvait juste remplacer ce souvenir par un autre...
  Hana sortit précipitamment un collier de la poche de son jean. Un magnifique collier en argent, au pendentif en forme d’étoile. Elle le fixa désespérément. L’étoile lui rappela son père. Lui rappela le jour où il lui avait donné ce collier, juste avant que les militaires ne l’emmènent... pour ne jamais revenir.
  Les larmes lui montèrent aux yeux, la colère et la tristesse enflammèrent son cœur. Elle se sentait mal. Mais elle préférait sa tristesse à celle d’un autre. Elle n’aimait pas ces mémoires étrangères qui la faisaient souffrir plus que de raison. Hana estimait que son fardeau était assez lourd comme ça, elle n’avait pas besoin de celui des autres.

  Prenant la résolution de mieux contrôler son pouvoir, Hana se redressa et rangea le collier dans sa poche. Elle se devait de ne plus fixer personne dans les yeux, même par mégarde. Ainsi elle s’évitera des douleurs inutiles, et le Gouvernement ne la soupçonnera pas – après tout, l’Irlande était connue pour son industrie d’Anormaux, c’était dangereux pour elle. Réfléchissant toujours, elle arrangea distraitement son bonnet sur sa tête.

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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Dim 18 Sep - 17:26

Aujourd'hui était fini. Aujourd'hui se levait. Ma liberté d'aujourd'hui se formait un rayon qui éclairait la bataille de ses larmes. L'obscure agonie inconsciente me menait vers le parc. Mon sac, distraitement jeté quelque part. Qui sait ? Une table, une poubelle, les mains de ma sœur, la porte d'entré. Cela restait-il censé d'espérer un changement que je n'espérait pas. Les pommes étaient-elles mûres aujourd'hui ? Le journée s'était suivi et avait continué sans moi. Je souhaitait admirer le secret que je ne connaissais que par l'inconscience de mon être. Je suivis la route jusqu'à moi-même. J'apparus à la branche d'un arbre. J'étais une pomme bleu sur les branche triste d'un saule pleureur qui n'attendait que les larmes qui ne coulait pas. Si le bleu de ma pommes était sa larme, si une unique larme pouvait le soulager, il fallait la laisser couler. Je m'approchai de l'arbre et me cueillit. Ce fruit de mon être, de la suite de mon destin. Je touchai de mes lèvres les siennes. Reformant un avec elle mais sans l'être totalement. Elle était moi, j'étais elle mais pourtant nous étions deux. Je ne voulais pas la laisser partir. Qui me dit qu'elle reviendrait vers moi ? Qui me dit qu'elle m'appellerait une second fois. C'est ainsi, en la serrant contre moi que je m'assis contre le banc. La parc était toujours le même. Le parc était toujours différent. Le temps suivait son cours tout en restant le même mais en changeant de temps. Pourquoi tout se passait-il ainsi ? Ne pouvait-on pas arrêter le temps un instant et contempler la beauté du monde ? Je laissais le temps déchirer, abimé la structure du monde. Le temps suivait son cours. Une pomme devrait se libérer. Elle devrait se retrouver seul. Pauvre objet manié impitoyablement par le temps. Cela ne pouvait suivre ainsi. Je serrais la pomme contre moi. Elle voulait partir... Pourquoi ? J'essayais de la dissuader en l'aimant encore plus. Je en pouvais la priver d'elle-même elle avait le droit d'être ce qu'elle était. J'ouvris mes mains et tendis la pomme bleue vers la jeune fille en larme à coté de moi. Mon visage reflétait sa tristesse sans en ajouter d'autre. Je n'étais pas elle mais la présence aiguë-marine voulait l'être. Je lui tendis mon saphir, une partie de moi en lui chuchotant :

« Elle veut être avec vous. Elle veut vous réchauffer. Elle veut vous libérer de vos souffrance. »

À mesure que mes paroles défilaient, mon visage s'éclairait. Tout changeait. Tout vivait. Tout rejoignait l'immobilité permanente de la paisible quiétude des arbres. Laissant la pomme sur le banc près de la jeune fille, je me levais et effectuais quelques pas de danse. La nuit était tombée. Les gens étaient rentré. Le parc n'était pas encore fermé. Une pluie d'étincelles bleuté tomba du ciel et glissa jusqu'à moi. Chaque fois qu'elle me touchait, elles disparaissaient. Le monde n'était qu'un rêve, un rêve de celui qui le vit. Tout était possible. Une statue bleutée tendait sa même vers la jeune fille. Quand elle se dissipa, je tendais la main. J'étais près à l'emmener dans les couleur. L'amie du bleu allait rencontrer d'autres bleu. Le bleue du ciel. Le bleue du soleil. Le bleu joyeux. Le bleu merveilleux. Le bleu de l'âme. Le bleu de la vie. Le bleu de celle qui hésite mais finit par décider. La liberté, la Li"bleu"lulle. La vie qui tient les notre tout en n'existant que dans nos pensées. La pommes bleue se serra contre le corps de son amie.

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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Ven 23 Sep - 20:20

Un vent froid la décoiffa, elle le sentit à peine. Un oiseau se posa quelques secondes sur son épaule avant de s'envoler ; elle n'eut pas un frémissement. Totalement immobile, Hana s'était repliée à l'intérieur d'elle-même. Elle tentait d'endiguer sa tristesse, que le souvenir de son père avait ravivée. Mais rien à faire : les larmes ruisselaient toujours sur la colline de ses joues et finissaient par goutter sur son jean. Un court instant, elle haït sa propre faiblesse ; elle haït de n'arriver à rien maîtriser, ni son pouvoir, ni ses émotions, ni même ses larmes.

Quelque chose d'étrange finit pourtant par la sortir de ses mornes pensées. Quelque chose de tellement incroyable que même elle, pourtant toujours blasée, en resta sans voix. En face d'elle, à une dizaine de mètres, un grand saule pleureur étendait ses longues branches jusqu'au sol. Le vent qui s'était levé agitait doucement son feuillage. Les feuilles, en s'écartant sous l'effet de la brise, révélèrent une pomme. Ce spectacle n'aurait rien eu d'étonnant - après toutes les expériences et les OGM inventés par l'Homme, une pomme poussant sur un saule pleureur ou toute autre anomalie végétale ne surprenait personne - si Hana n'avait pas remarqué la couleur de la pomme. Bleue. La pomme était bleue comme l'était le ciel 50 ans plus tôt, avant que la pollution et la guerre ne l'enfume. D'un bleu pur et éclatant, un bleu tel qu'elle pensait ne jamais en voir en vrai. Or, malgré toutes les avancées technologiques que les humains avaient pu effectuer, créer une rose ou un fruit d'un bleu pareil était resté impossible. Cependant, cette pomme bleue était bel et bien accrochée sur cet arbre, juste en face d'elle. Hana se mit à douter : cette pomme existait-elle réellement ? N'était-ce pas plutôt une Irréelle ? Pourtant, tous les Iréels qu'elle voyait avaient forme humaine. De ce fait, ce fruit à la couleur incroyable devait bel et bien exister.

Elle vit un garçon marcher lentement vers le saule. Ses cheveux blonds, assez longs, empêchait Hana de bien distinguer son visage. Elle le regarda avec surprise cueillir la pomme - dont il semblait trouver la couleur parfaitement normale. Il la porta ensuite à ses lèvres, non pour la croquer, mais pour l'embrasser. La jeune fille était terriblement intriguée : il agissait de façon tellement étrange ! Personne n'aurait été si blasé en voyant ce fruit, personne n'aurait eu ce geste étrange - pas même elle. Mais s'il était personne, alors il était forcément un Iréel, un de ceux que sa mère appelle "hallucinations". Les Réels n'agissaient pas comme cela.
Hana l'observa marcher vers elle, serrant la pomme contre lui d'une manière légèrement convulsive, presque désespérée. Il s'assit à côté d'elle, sur le banc. Cependant, dès qu'elle vit son visage, elle fut convaincue qu'il était un Réel. Elle ne savait pas comment, mais elle en était sûre.
Il avait un visage fin et doux qui lui donnait un air innocent. Son regard brun, un peu perdu dans le vague, était mélancolique. Il serra encore plus fort la pomme contre lui ; il semblait inquiet. Il ne s'était toujours pas retourné vers Hana, ne lui avait pas jeté un coup d'oeil. Au moment où elle commençait à se demander si oui ou non il la remarquerai, il pivota soudain vers elle.
L'intensité de son regard la poignarda en plein coeur. Il était si triste... Elle eut l'impression qu'il comprenait sa peine, sa douleur. Il lui tendit le fruit à la magnifique couleur :

« Elle veut être avec vous. Elle veut vous réchauffer. Elle veut vous libérer de vos souffrances. »

Hana le regarda, interloquée. Puis elle sourit. Elle avait compris que c'était sa façon à lui de la réconforter. Un peu apaisée, elle sécha ses larmes. Le visage du garçon s'était éclairé, animé. Abandonnant la pomme sur le banc, il se leva et se mit à danser.
Peu après, une averse de lueurs azures déchira le ciel devenu nocturne. Fascinée, Hana les regardait s'éteindre dès qu'elles rentraient en contact avec le garçon. Une statue apparut, imposante de majesté ; elle était de ce même bleu que la pomme et la pluie lumineuse. Comme dans un rêve, Hana la vit lui tendre la main avant de disparaître. Seul resta le garçon, qui lui tendait également la main. Il avait l'air terriblement joyeux, heureux.
Elle comprit qu'il n'était pas "Normal". Que c'était lui qui créait tous ces objets à la couleur fascinante. Les étincelles, la statue - et même la pomme. Elle avait oublié ses souvenirs douloureux et sa tristesse ; elle ne voyait que le merveilleux spectacle devant elle. Apaisée, elle songea qu'il était comme elle. "Anormal". Qu'il pourrait la comprendre, qu'elle ne serait peut-être plus toute seule...

Fixant toujours le garçon, Hana prit la pomme bleue et caressa un instant sa peau froide et lisse. Elle se leva ensuite, serrant le fruit contre elle. Elle attrapa la main toujours tendue du garçon. Sa poigne était fraîche. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit reposée. Reposée et heureuse. Elle lui sourit.

Une sirène trancha soudainement le silence de la nuit, brisant ce moment de quiétude. Hana sursauta violemment. Elle aperçu au loin, à l'entrée du parc, des gyrophares qui balayaient les ténèbres. De grandes silhouettes musclées se détachèrent dans la pénombre. Elle sentit son pouls s'accélérer. Les cyborgs. Ceux qui passaient toutes les villes d'Irlande au peigne fin dans l'espoir de dénicher des "Anormaux" à vendre. S'ils se faisaient attraper, ils étaient foutus.

Le coeur battant à tout rompre, elle se retourna vers le garçon. Elle serra violemment sa main, comme pour l'avertir. Ils devaient fuir. Immédiatement.


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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Sam 8 Oct - 13:33

La pomme bleu la prend et se lève. Elle est heureuse, elle est douce. Des mains glissent sur moi et caresse la peau bleue. Elle, moi, je suis heureux. Me tenant d'azur dans une main, elle me prend l'autre et je reviens. Et de deux je passe à trois. L'automne arrive les feuilles tombent. Rouge, jaune, brun, or, écarlate, disparate, le rêve éclate. Un sourire s'abîme dans les abysses de la peur. Elle s'envole et retombe. C'est l'automne. La lumière elle m'appelle. Quand y aller sans partir ? Bouger devient changer mais il est refusé. Figé est peut-être bien trouvé. Il faut changer pour ne pas bouger. Je m'entends sur elle en une seconde peau de pierre. Je m'arrête aux lèvres entrouvertes mais ne les recouvrent pas. La pomme, une petite fille saphir qui lui tient la main. L'automne, les feuilles, une dame qui s'envole montant l'escalier qui tombe. Tout est endormi. Je dégage ma main de celle serrée de la jeune fille immobilisée. Son âme aspire peut-être à la liberté. Je m'approche des homme d'acier, de bronze et d'autres fantômes, leur temps la pêche de la vie, de l'amour. L'un d'eux approche sa main ouverte et me crie :

« Fais pas le malin toi ! »

Je ressens son expression étonnée quand il s'aperçoit qu'il a refermé ses doigts sur la pêche. Je ressens sa colère quand il l'écrase. J'entends la voix d'un être blanc qui s'approche lentement :

« Qui est-ce qu'on a trouvé là ? J'espère que c'est pas encore un gosse qui fuit ses parents. On est pas une police anti-fugue, nous ! On est importants, nous. Sans nous, l'état n'existerait même plus.
- Laisse tomber ça, c'est encore le gosse Hakanson. Tu sais on dit que son père est resté bloqué en Islande. Moi, j'pense plutôt qu'il s'est enfui quand il a vu sa progéniture. »


Sur ces mots, ils éclatèrent de rire. Je leur souris aussi. Qui avait-il de drôle ? Ses rires se muèrent en gémissements de douleurs. La vie n'aime pas qu'on la refuse ou la néglige. Sa pêche devait être pareille. Je regardai l'homme qui avait bafoué le fruit se tordre sur le sol sous la douleur pendant que l'autre me criait :

« Qu'est-ce que tu lui a fait ?
- La vie n'aime pas qu'on la bafoue. »
lui répondis-je avec un sourire.

Pourtant au lieu d'éclater de rire comme avec l'autre, il s'énervait. Il criait des choses mais n'osait pas essayer. Il n'osait même pas me toucher. Il s'apaisa en s'apercevant que son ami s'endormait lentement. Il me prit par le bras pour m'attirer dans le parc. Enfin, il arrêta sa main avant de me toucher. Nous allions au pays des rêves ? Je ne le savais pas intéresser par les végétaux. Peut-être qu'avec tout ce fer, il envisageait le bois prochainement. Il y avait un lampadaire très joli sur le chemin. Je m'y installais en vert. Une belle lueur verte qui rayonnait sur l'herbe bleue autour de lui. Il sursauta littéralement, en bégayant de m'arrêter. Comme il réagissait bien. Je lui chuchotais :

« Je vais te manger. »

Il ne réussit alors plus à prononcé un seul mot. Il resta ébahi un moment devant les pommes rouges qui poussait comme du lierre autour d'un lampadaire. Puis il se rigidifia. J'avais connu des pierres plus jolie. Les pommes étaient un peu trop carrées. Il marcha et je le suivis en tirant un énorme statue de loup-garou mécanique peinte. Il ne disait rien, il écoutait. Je relâchais l'animal. La liberté c'est mieux pour eux. Enfin c'est maman qui disait ça et Myah qui ajoutait que de toute façon, on était dans un rêve. Il s'arrêta devant le temps figé et demanda :

« C'est quoi ça ?
- Le temps figé. »


Il regarda de nouveau les trois demoiselles D'Automne, De La Pomme Bleue et De L'Inconnue. L'infini s'y retrouvait mieux. Mais nous étions là. Retrouvons le temps présent. Je repris la main dans la mienne et tout redevint comme avant. Me tenant d'azur dans une main, elle me tient l'autre et nous revenons. L'Automne reprend.

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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Mer 26 Oct - 19:18

Hana était paniquée. Si jamais les cyborgs mettaient la main sur elle…

Elle remarqua que l’expression du garçon avait changé. Son sourire avait disparu, et il la regardait à présent d’un air songeur. Elle n’y prêta pas attention, voulut s’enfuir le tirant par le bras ; mais elle ne réussit pas à bouger. Elle vit, avec horreur, une épaisse couche de pierre couleur bleue commencer à la recouvrir ; elle semblait partir de la main du jeune homme. Hana essaya de se dégager, mais la pierre était trop dure – elle n’arrivait pas à bouger son bras d’un millimètre. La couche de pierre se développait rapidement, grimpant le long de ses jambes, de ses bras, de son torse. Hana lança un regard suppliant au garçon : elle savait que c’était lui qui provoquait cela, mais pourquoi ? Il ne sembla pas se préoccuper de sa supplication muette, la couche rocheuse continuait de la recouvrir, gagna son cou, son visage… n’épargnant que sa bouche, juste assez pour lui permettre de respirer.

Hana avait envie de pleurer, de hurler. Toute sa volonté se rassemblait pour essayer de bouger un muscle, un doigt, un cil – en vain. Elle était prisonnière. Aucune larme ne pouvait couler de ses yeux, aucun cri n’arrivait à se frayer un chemin à travers sa gorge : sa frustration était à son comble. Elle avait envie de tout casser, la rage et la peur l’envahissaient. Mais encore une fois son corps, prisonnier du carcan de pierre bleue, refusait d’obéir, de se mouvoir. Hana avait complètement oublié les cyborgs. Seule lui importait l’idée de se libérer.

Elle vit le garçon lui lâcher la main et sortir de son champ de vision – même son regard était figé, elle ne voyait que ce qui se trouvait en face d’elle. Hana ne comprenait pas : pourquoi lui avait-il fait cela ? Quelques secondes auparavant, il avait pourtant l’air de l’apprécier… Non, vraiment, elle ne saisissait pas. Cette incompréhension la mettait encore plus en colère ; elle aurait voulu lui faire payer sa souffrance. La panique la submergea de nouveau, lui faisant oublier ses désirs de vengeance. La respiration haletante sous le coup de la peur, elle n’arrivait plus à respirer correctement. Elle percevait des bribes de paroles, des cris, sans essayer d’en saisir le sens. Elle tentait plutôt de se calmer, de respirer plus normalement.

Le garçon reparut devant elle, reprit sa main. La couche de pierre qui la recouvrait disparut rapidement. Bientôt, ce fut comme si elle n’avait jamais existé. Toutes les sensations que la couche rocheuse avait momentanément bloquées assaillirent de nouveau Hana : le vent glacé sur ses joues, l’odeur fraîche de l’herbe, la lourde humidité de l’air…
Cependant, celle-ci n’y prêta pas vraiment attention. Elle lâcha la main du garçon – Dieu seul savait ce qu’il pourrait encore lui faire – et recula de quelques pas. Aspirant de grandes goulées d’air, elle s’agitait fébrilement, avide de sentir ses membres bouger de nouveau. Elle tâcha ensuite de se calmer.

Ce ne fut qu’à ce moment qu’elle remarqua que le décor avait changé de manière… extraordinaire. Le gazon, étrangement bleu, était désormais éclairé par une lumière verte qui émanait d’un lampadaire. Des pommes, bien rouges, poussaient le long dudit lampadaire. Au loin, une étrange créature gambadait : on aurait dit une sorte d’automate, et dans la pénombre du parc, Hana crut lui distinguer un faciès de loup. Les arbres perdaient leurs feuilles marrons et jaune orangées, qui tourbillonnaient au gré du vent. Toutes ces couleurs – le saphir de l’herbe, le vert des rayons lumineux, le rouge des fruits, l’or des feuilles – se mêlaient, créant un paysage merveilleux.

Hana ne se laissa pas distraire longtemps. Elle se retourna vers le garçon qui semblait regarder autour de lui d’un air rêveur ; cette attitude détachée la mit en colère :

« - Toi ! cracha-t-elle, vibrante de rage. Je peux savoir ce qui t’as pris de me transformer en… en cette chose… ? »

Elle s’arrêta, bien trop en colère pour trouver ses mots. Elle se pinça l’arête du nez, tâchant de maîtriser ses émotions, de relativiser. Après tout, c’était un Anormal – peut-être ne réalisait-il pas ce qu’il faisait. Elle regarda la pomme qu’elle avait toujours en main, puis le paysage devenu féérique. Il créait de très belles choses, après tout. Et puis, même si son expérience en tant que statue s’était révélée très désagréable, au moins cela lui avait permis d’échapper à la vigilance des cyborgs... Les cyborgs ! Elle les avait complètement oubliés !

Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle remarqua le cyborg, à quelques pas d’eux. Cependant, il avait l’air hagard, et regardait le garçon d’un air effrayé. Hana discerna au loin la silhouette effondrée au sol de l’autre homme-machine. Etait-ce le garçon qui avait fait cela ? Elle se rapprocha lentement de lui : elle avait un plan. Elle lança au cyborg :

« - Vous feriez mieux de vous en aller. Il n’y a plus rien à voir ici. A moins que vous vouliez encore assister à une démonstration de mon ami… ? »

Comme elle s’y attendait, le cyborg prit aussitôt la fuite, ramassant au passage son compagnon. Bientôt, le bruissement mécanique caractéristique de leur démarche ne se fit plus entendre. Hana se retourna vers le garçon et lui dit :

« - Bon. Je te pardonne de m’avoir transformée en statue, mais uniquement parce que je m’en suis sortie grâce à toi. Et au fait, comment tu t’appelles ? Moi, c’est Hana. »

Elle songea aussi qu’elle n’avait nulle part où aller : les environs étaient ratissés par les cyborgs, et elle ne pourrait pas éternellement leur échapper. Hana comptait au moins deux ou trois jours avant qu’ils ne s’en aillent.

« - Ah ! Et tu ne connaîtrais pas un endroit où je puisse passer la nuit, par hasard ?»


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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Mar 1 Nov - 11:49

Elle me lâcha, comme on déchire les voiles d’un bateau en pleine tempête. Le silence s’assombrit. Le Soleil s’endormit. Le coucher commença pour se séparer de tout ça. Tout tombait, tout coulait. Elle reculait, dans un espoir désespérer d’échapper à la rêve car "Nous sommes dans un rêve de toute façon". Elle tremblait et haletait. A-t-elle vu un fantôme ? Peut-être le connaissait-elle déjà ? Cela a du lui faire plaisir de voir une vieille connaissance. Le passé aime revenir rencontrer le futur par l’intermédiaire du présent. Il vole, vole, vole ! Et attire les passants. Du moins, ceux qui savent le voir car il aime se cacher à des ombres, des formes dans le noir et un passage à vide. Personne n’en revient. Magnifiée, elle observe la vérité, le vide, mon âme. Longtemps, le temps passe et vient pour toujours être un instant. Il coule le long des personnes, les débarrassant de l’espoir. Puis, il se brise :

« Toi ! cracha-t-elle, vibrante de rage. Je peux savoir ce qui t’as pris de me transformer en… en cette chose… ? »

Il se déchira tellement qu’il chassa les paroles et l’être. Il l’envahit et se glissa à travers le temps en morceaux. Elle se pinça le nez ? Pour rafistoler le temps, sûrement. Ce n’était pas parfait mais ça tiendrait quelques temps, sauf si un autre grattait la plaie. La magnificence du monde lui apparut de nouveau, renvoyant la colère au rang de songe inutile. Relevant les yeux, elle le rencontra. De jouet en métal, il passa à danger. Doucement, elle l’approcha sans laisser d’idée planer. Le temps coula lentement entre eux comme pour bloquer ce moment décisif que serait leur courte rencontre. Une phrase et s’en fut fini :

« Vous feriez mieux de vous en aller. Il n’y a plus rien à voir ici. A moins que vous vouliez encore assister à une démonstration de mon ami… ? »

Le temps déçu, le temps déchu. Quelques pas, traîner, aller. Tout les attendait peut-être avec joie mais sûrement sans aussi car l’ensemble infini qu’il est rassemble l’ensemble. Nous rassemble aussi enfin seulement maintenant. Des battements qui s’en vont. Un détour, un regard. De beaux grand yeux gris. Un mot, une parole, le pardon :

« Bon. Je te pardonne de m’avoir transformée en statue, mais uniquement parce que je m’en suis sortie grâce à toi. Et au fait, comment tu t’appelles ? Moi, c’est Hana. »

Je me demande… Peut-être… Il arrive que le temps ralentisse. La blessure …? Simplement une folie où arrive ce qui est prévu. Le rêve n’est-il pas ainsi construit ? Des mots, un sommeil. Dormir sans penser à dormir. Vivre en pensant à mourir. Le temps n’est qu’une vaste plaisanterie qui s’arrêtera le lendemain matin. Mais celui-ci ne vient jamais. Se coucher sans jamais s relever. Sait-elle la vérité ou plane-t-elle encore dans les brumes du mensonges de la vérité.

« - Ah ! Et tu ne connaîtrais pas un endroit où je puisse passer la nuit, par hasard ?
- Le temps change les gens. Pourtant tu sembles la même. Ne pas bouger n’est car rêve. Il est toujours possible de… Je suis Machiavel.»


Le rêve sait tout des gens. Pourquoi se voiler la face. Les décisions ne sont qu’une façade régi par le destin. L’Automne s’affaiblit jusqu’à ne plus être. La pomme bleue qu’elle avait dans la main poussa jusqu’à être un grand pommier gris bleu sans feuilles. Je lui sourit. Puis me revint cette idée sans fondement de toujours devoir trouver. Ma mère m’a dit une fois qu’il ne fau pas parler aux personnes qui dorment sur les bancs. Ici devient donc impossible. Ne reste plus que…

« Chez moi. »

Je devais rentrer. La nuit était tombée. Toutes les images s’assombrirent et disparurent. Je me dirigeais vers la sortie du parc pour rentrer là-bas, qui était si près. Sans penser à attendre l’Hana, je rentrais ici-bas. Je ne m’attardais pas. Les rues était déjà là. La Lune s’était révélée, attendant des félicitations. Mais je ne pouvais pas. Puis je m’arrêtais devant une maison assez banale :

« Nous sommes arrivé, Hana. »


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MessageSujet: Re: Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]   Ven 4 Nov - 18:05

Il répondit au bout de quelques secondes :

« - Le temps change les gens. Pourtant tu sembles la même. Ne pas bouger n’est car rêve. Il est toujours possible de… Je suis Machiavel. »

Hana resta perplexe. Que voulait-il dire par là… ? Mais bon, au moins lui avait-il répondu.
Son attention fut soudain captée par le fait que le paysage était doucement en train de changer : les arbres arrêtaient de perdre leurs feuilles ; et d’ailleurs celles-ci changeaient lentement de couleur, passant de leur or automnale à une teinte gris-verte plus naturelle. La végétation du parc reprenait son apparence d’origine – celle qu’elle avait en ce temps hivernal.
Une sensation dans sa main lui fit baisser les yeux : la pomme bleue qu’elle tenait tremblait, vibrait. Hana la lâcha au moment où elle se déployait pour devenir un majestueux et immense pommier, tronc bleu-gris et nu de toutes feuilles. Hana en fut émerveillée ; il avait vraiment des pouvoirs impressionnants.
Le dénommé Machiavel lui sourit, puis lâcha :

« - Chez moi. »

Il se mit à marcher d’un pas vif vers la sortie du parc. Hana s’empressa de le suivre. Apparemment, il voulait bien l’héberger. Ils sortirent du parc, débouchèrent dans la rue ; Hana n’avait pas remarqué que toutes les ‘‘créations’’ du garçon avaient disparues, s’étaient éteintes. Le parc, ainsi remis à son état habituel, était redevenu une petite aire de verdure triste et fade – c’était peut-être mieux que la jeune fille ne s’en aperçoive pas.
Le garçon marchait rapidement, et Hana était obligée de suivre la cadence pour ne pas le perdre de vue. En effet, les rues n’étaient que faiblement éclairées par quelques lampadaires, et par la lumière diffuse de la lune. La ville baignait dans la pénombre, il n’y avait pas un chat dehors. Tout était calme, silencieux – un peu trop, même.

Machiavel s’arrêta brusquement devant une maison. La demeure était ordinaire, elle ressemblait à toutes les autres maisons du quartier. Hana remarqua cependant les volets, audacieusement peints en jaune vifs.

« Nous sommes arrivés, Hana. »

C’était donc chez lui. Certaines fenêtres étaient éclairées : il devait y avoir au moins une personne là-dedans. La jeune fille s’avança sur le perron et tendait la main pour sonner à la porte, lorsqu’un grand fracas venant de l’intérieur de la demeure l’arrêta dans son geste.

Hana laissa son bras en suspens pendant quelques secondes, avant de le baisser. Elle tendait l’oreille, tentant de percevoir d’autres sons. Quelques dizaines de secondes passèrent, sans qu’un autre bruit ne se fasse entendre. Elle finit par se dire que ça ne devait être qu’un accident – après tout, faire tomber de la vaisselle ou un vase arrivait à tout le monde. Cependant, alors qu’elle s’apprêtait de nouveau à sonner, un grand vacarme retentit : mélange de bruits de meubles renversés, d’assiettes cassées, et de portes enfoncées. Un cri effrayé, sans aucun doute féminin, acheva de lui glacer le sang.

Hana se demanda ce qui pouvait bien se passer dans cette maison. Peut-être était-ce des voleurs qui provoquaient tout ce raffut ? Il y avait une femme à l’intérieur, peut-être était-elle en danger ? Elle se retourna vers Machiavel – après tout, c’était chez lui. Il fallait faire quelque chose.


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Aller en Irlande cueillir des trèfles à quatre feuilles [RP Machiavel Håkanson]
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